Aller au contenu
LOOZAT

2026-07-02

Une chambre qui ne donne sur rien

La chambre est au quatrième, côté mer, dans un immeuble des années cinquante dont l’ascenseur marche presque toujours. Deux fenêtres. Aucune ne donne sur quelque chose qui mérite d’être décrit.

À sept heures la lumière entre bas et se pose sur le mur en face du lit. À huit heures elle est descendue sur le sol. À neuf heures elle a disparu et la chambre devient grise et égale. C’est la lumière qu’elle garde jusqu’à l’après-midi.

Il y a une chaise à l’assise usée. Un verre par terre près du lit. Une porte sur le couloir qui ne se ferme pas toute seule. Le carrelage garde le froid de la nuit jusque vers dix heures.

L’immeuble fait du bruit. Un robinet deux étages plus bas. L’ascenseur. Une radio, puis plus de radio. Rien de tout ça ne s’adresse à vous. C’est ce qui rend l’heure habitable.

Rien n’a été arrangé dans cette chambre. C’est tout l’intérêt. Sur le dossier de la chaise il y a une robe, et c’est la seule chose ici qui ait été choisie.

Retour au journal