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LOOZAT

L’heure que personne ne regarde.

Il y a une heure dans la journée qui n’appartient à personne. Elle commence quand la porte se ferme. Le sac tombe. L’eau chauffe. La lumière a quitté le mur et s’est posée par terre, au pied du lit. Dehors, la journée continue sans vous. Elle n’attend plus de réponse.

Vous enlevez ce que vous portiez pour les autres. Vous prenez quelque chose qui a du poids. Le tissu se pose sur les épaules et reste là. Il est tiède où vous êtes tiède. Il est frais là où la chambre est fraîche. Personne ne va sonner. Rien de cette heure n’a besoin d’être expliqué.

Personne ne s’habille pour cette heure. Tout le reste de l’armoire répond à quelqu’un. Le manteau répond à la rue. La chemise répond au bureau. La robe du soir répond à la personne assise en face. Même ce que vous portez pour dormir répond à celui qui pourrait frapper.

La robe d’intérieur est le seul vêtement sans public. Vous la portez entre la douche et le lit, rideaux tirés. Personne ne la voit. Personne n’a d’avis dessus. C’est un fait, pas une plainte. C’est aussi ce qu’elle a de plus intéressant.

L’ourlet d’une robe noyau, assise au bord du lit. Des volets découpent la lumière sur le sol.

C’est pour ça qu’elle doit être belle. Un vêtement que personne ne voit est le vrai test de ce que vous aimez vraiment. Il n’y a plus personne pour vous donner raison. Il ne reste que l’objet. Tout se joue dans la main. La fibre. Le poids. La façon dont le tissu tombe ou flotte. La tiédeur avant le lever du jour, la fraîcheur à midi. La soie en vingt-deux momme pèse. Elle descend de l’épaule au lieu de s’y poser. Elle prend votre chaleur et vous la rend lentement. Vous sentez la ceinture avant de la voir.

loozat fait une robe pour cette heure. Soie charmeuse vingt-deux momme, trois longueurs. Rien là-dedans n’est fait pour être vu.

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